Décryptage

10 ans de TikTok : le nouvel âge du divertissement

Temps de lecture : 7 min

10 ans de TikTok : le nouvel âge du divertissement

© Nick Fancher/Unsplash

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L’application chinoise fête ses dix ans ce dimanche 20 septembre. Boostée par des « captologues » chargés de s’emparer de notre attention, la plateforme transforme en profondeur notre rapport au temps comme à l’ennui. Au point d’imposer une nouvelle forme de divertissement version XXIe siècle ?


 

Une heure et vingt-huit minutes. Selon des chiffres de Mediamétrie, c’est le temps moyen journalier passé par les jeunes de 11 à 17 ans sur la plateforme TikTok en 2024. Adultes compris, le temps passé à faire défiler des courtes vidéos sur l’appli s’élève à une heure et neuf minutes. Un rapport remis à l’Assemblée nationale en septembre 2025 évoque les dangers d’une « addiction comportementale », soulignant les effets psychologiques néfastes de l’application sur les mineurs.

Monétiser la souffrance psychique

Cette addiction a été pensée en amont par les concepteurs de l’algorithme TikTok, apôtres de la captologie, une discipline mêlant informatique et psychologie née dans les années 1990. Brian Fogg, un chercheur en psychologie, fonde ce courant dont l’acronyme est explicite. « Computer As Persuasive TechnOLOGY » (Captology), pour « capter » l’attention des utilisateurs en creusant leurs failles psychiques. Un des élèves de Brian Fogg, Nir Eyal, explique dans un best-seller traduit en 2014 comment face à « une infinité de distractions se disputant notre attention », c’est « le premier arrivé au cerveau [qui] a gagné » (Hooked. Comment créer un produit ou un service qui ancre des habitudes, Eyrolles, 2014). Plus précisément, les captologues visent à susciter un pic de dopamine, une molécule cruciale dans la transmission d’information au système nerveux. Ils ont remarqué que son niveau augmente face à la promesse d’une récompense, et ce d’autant plus fortement si cette récompense est imprévisible. Nir Eyal prend l’exemple d’un frigo, pour lequel il ne nous viendrait jamais à l’idée d’aller l’ouvrir toutes les dix minutes : la même lumière blafarde est sans surprise. Tout change en revanche si chaque ouverture entraîne « l’apparition magique d’un cadeau différent ».

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