2006-2026 : une histoire philosophique des vingt dernières années
2012 : “Moi, (futur) président”, François Hollande dialogue avec Pierre Rosanvallon
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Cet article est issu du numéro 200 de Philosophie magazine « On change d'ère ? “Philosophie magazine” a 20 ans ! », en kiosque le 04 juin 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Making-of
Quand démarre la campagne présidentielle, à l’été 2011, nous organisons un débat entre François Hollande et Pierre Rosanvallon. Le politologue interpelle à plusieurs reprises le candidat socialiste sur les difficultés rencontrées par les classes populaires, et celui-ci lâche une phrase qui passe presque inaperçue, mais qui annonce la suite. Cherchez-la dans l’extrait !
Extrait du n° 53: que faire des précaires et des oubliés ?
« Pierre Rosanvallon : Le langage politique, à gauche en particulier, tourne à vide, ne donne pas de chair sensible à l’existence des gens. Si vous prenez des livres sur la société française qui ont rencontré le succès – Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas ou Les Tribulations d’une caissière d’Anna Sam –, vous voyez la différence. Ces livres sur la précarité résonnent avec le vécu de la société. Si on se contente de dire “il faut lutter contre la précarité et l’exploitation”, “développer plus de solidarité”, on dit des phrases justes, mais abstraites, à la surface des choses, coupées de l’expérience quotidienne. […] Il y a des morceaux de société qui deviennent comme invisibles, des gens qui comptent pour rien, dont on ne parle pas, des oubliés de la représentation, des exclus économiques, des relégués territoriaux. Chez les fondateurs du socialisme au XIXe siècle, il y avait l’idée de raconter et de donner de l’importance à ces vies minuscules, mises de côté. Cela pourrait être un très bel engagement pour les socialistes au XXIe siècle de renouer avec cette ambition…