Abel Ferrara, Bouddha barré
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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
À 61 ans, le réalisateur continue de creuser ses obsessions. En témoignent 4 h 44 Dernier jour sur terre, son dernier film sorti en décembre, l’histoire d’un couple (Shanyn Leigh et Willem Dafoe) retranché face à un cataclysme, et son projet sur l’affaire DSK (Depardieu en Strauss-Kahn, Adjani en Anne Sinclair), qui ne parlent pas d’autre chose. Mais ses addictions n’ont plus droit de cité que dans ses films : « converti » au bouddhisme, il enquille les Perrier et retourne méditer à l’hôtel entre deux interviews. Éternelle rature du self-mad(e) man.
Quel est votre démon ?
Faulkner disait qu’un artiste est souvent trop occupé pour s’interroger sur ses démons.
Le penseur qui vous accompagne ?
Mark Twain, Bob Dylan, William Gibson et Milarépa, un saint du bouddhisme tibétain.
Le sophiste qui vous exaspère le plus ?
Les gens qui me disent qu’ils ne croient en rien !
La question qui vous tourmente ?
« D’où vous viennent vos idées ? » On me le demande chaque jour, vingt fois par jour. Or, si je dis : « Allons prendre un café ! », tu ne vas pas me dire : « Où as-tu été chercher cette idée ? » C’est pareil.