Géopolitique
Affaire des sous-marins : la confiance a-t-elle sa place en diplomatie ?
Joe Biden et Emmanuel Macron lors d'une visite bilatérale au sommet du G7, le samedi 12 juin 2021, à Carbis Bay, au Royaume-Uni. © Patrick Semansky/AP/Sipa
« Mensonge », « duplicité » et même « trahison ». Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a employé des mots d’une rare gravité pour qualifier le comportement des États-Unis et de l’Australie, après la décision australienne de rompre son contrat d’un montant de 56 milliards d’euros conclu en 2016 avec la France en vue de l’achat de douze sous-marins pour lui préférer l’offre américaine.
La sincérité, la confiance, l’honnêteté : ces valeurs ont-elles leur place dans le jeu diplomatique ? Nous avons posé la question à Yves Viltard, maître de conférences émérite à l’université Panthéon-Sorbonne et spécialiste des relations internationales. Selon lui, l’affaire des sous-marins est un rappel douloureux de la théorie dite « réaliste » : les rapports entre les États sont d’abord des rapports de puissance. Et, dans le grand jeu indo-pacifique aux relents de nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine, la France n’en avait pas assez.