Questionnaire de Socrate

Agnès Gayraud. Polyvaillante

Temps de lecture : 2 min

Agnès Gayraud. Polyvaillante

© Vincent Ferrané / Sdp

Cet article est issu du numéro 149 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Musicienne, chanteuse, professeure de philosophie, d’esthétique, écrivaine, essayiste, le moins que l’on puisse dire c’est qu’Agnès Gayraud est quelqu’un qui multiplie les activités. Autrice de disques de pop en français sous le nom de La Féline depuis plus de dix ans, elle a tout dernièrement fait paraître GRIVE (Schubert Music Publishing/Modulor Records), nouvel oiseau discographique, anglophone cette fois, en duo avec Paul Régimbeau, alias Mondkopf. Tout ceci en précisant qu’elle a déjà bien avancé sur son prochain album à elle et commencé à plancher sur un prochain livre.

 

Ton démon ?

Peut-être la peur de déplaire.

 

Ce que tu retiens de ton éducation ?

De ma mère que l’élégance transcende la classe sociale, de mon père la joie du savoir, et de l’absence de tendresse paternelle un rapport au passé dénué
de nostalgie.

 

L’illusion dont tu te berces ?

Que ce qui est beau, juste et vrai gagnera à la fin.

 

La question qui te tourmente ?

Ce qui est beau, juste et vrai gagnera-t-il vraiment à la fin?

 

Ton mot favori ?

Chaque mot, pourvu qu’il soit juste au moment où on l’emploie.

 

La personne avec laquelle tu aimerais dîner ?

Le contexte actuel ayant rendu la chose utopique : dîner avec mon meilleur ami !

 

Le lieu qui se rapproche le plus pour toi de la cité idéale ?

Le Performing Arts Forum à Saint-Erme-Outre-et-Ramecourt [dans l’Aisne], un lieu de résidence d’artistes. 

 

Pour toi l’inspiration, c’est…

Le besoin de fabriquer un objet où une réalité « psycho » se projette dans une représentation.

 

Quels sont les penseurs qui t’accompagnent ?

Theodor Adorno, sur qui j’ai écrit une thèse, et Tristan Garcia, dont la pensée partage intimement ma vie depuis plus de vingt ans.

 

Le combat dont tu es le plus fière ?

Avoir écrit Dialectique de la pop [paru à La Découverte en 2018].

 

Tes héros, enfant ?

Ma mère.

 

La promesse que tu t’es faite ?

Donner à mon enfant ce dont j’ai manqué : la confiance.

 

La dernière chose qui t’a véritablement étonnée ?

La capacité physique et psychique d’oublier la douleur d’un accouchement.

 

Ce que tu places au-dessus du plaisir ?

L’amour et la connaissance. Je pense souvent à cette expression latine : « libido sciendi ».

 

Ta devise ?

Je me méfie des devises. Je préfère encore les proverbes, qui ne cachent pas leur âge, leurs préjugés, et se prêtent à la multiplicité.

 

Prends-tu tes rêves au sérieux ?

Pas toujours, mais eux s’imposent souvent à moi avec beaucoup de sérieux.

 

Un rituel ?

Le maquillage et les gestes qui, avant un concert, dépassent leur fonction pour instaurer un état de présence particulier. 

 

Le meilleur conseil qu’on t’a donné ?

« N’attends pas. »

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Romantisme