Alexandre Romanès. Poétique circus

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Cet article est issu du numéro 127 de Philosophie magazine « L’étrange logique de la mémoire », en kiosque le 21 février 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Je ne suis pas sûr que le spectacle aura lieu », prévient Alexandre Romanès. Car avec lui, sur la piste comme dans sa vie, tout repose sur le hasard. Directeur de cirque, poète et tsigane, ce rêveur dresse son chapiteau familial à deux pas de la porte Maillot, à Paris, lorsqu’il n’est pas sur les routes. « Le spectacle est joli mais tout le reste est bancal », pense-t-il. À quoi tient cette beauté ? À un naturel raffiné qu’il cultive aussi dans ses livres : Les corbeaux sont les gitans du ciel (L’Archipel, 2016), un recueil de souvenirs, et La Steppe, poèmes inspirés d’Héraclite, à paraître prochainement (Les Éditions Lettres Vives).

Qu’est-ce qui vous révolte ?

Je suis capable de supporter à peu près tout, même l’injustice. Mais la vulgarité ne passe pas. 

 

Pour vous l’inspiration, c’est…

Quand j’étais petit, je sortais de la caravane et je regardais le ciel. J’ai partagé le monde très tôt : d’un côté, ce qui est poétique et qui existe pour moi ; de l’autre, ce qui ne l’est pas. 

 

Un ingrédient indispensable au processus créatif ? 

Un papier et un crayon. Autrefois, lorsqu’une phrase me venait, j’écrivais sur des bouts de papier trouvés par terre. Cela oblige à écrire une phrase qui contienne le tout parce qu’il n’y a pas la place pour un roman. 

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