Justice / Femmes

Anne-Emmanuelle Demartini : “Le terme ‘féminicide’ est entré dans le dictionnaire, pas dans le droit”

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(cc) Unsplash / Melanie Wasser

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Cet article est issu du numéro 132 de Philosophie magazine « Que faire de nos émotions ? », en kiosque le 22 août 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Plus de 70 femmes sont tombées sous les coups de leur conjoint depuis le début de l’année. Face à cette tragédie, la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a annoncé début juillet la tenue d’un “Grenelle des violences faites aux femmes”, qui doit démarrer à partir de la rentrée. Une décision suffisante pour enrayer ce phénomène ? L’analyse de l’historienne Anne-Emmanuelle Demartini.

Que vous inspire l’annonce par Marlène Schiappa d’un « Grenelle des violences faites aux femmes » ?

Anne-Emmanuelle Demartini : Cela traduit une prise de conscience qui a émergé au sein de l’espace public dans les années 1970, quand le mouvement féministe s’est mobilisé sur le viol. Mais c’est surtout depuis l’affaire Weinstein qu’on observe une sensibilité accrue de la société à la question des violences faites aux femmes. Aujourd’hui, les chiffres des violences au sein du couple – une femme tuée tous les trois jours par son compagnon ou ex-compagnon – sont très éloquents et davantage médiatisés. Par conséquent, ce que traduit ce « Grenelle », c’est précisément qu’il y a une baisse nette des seuils de tolérance. La lutte contre les violences faites aux femmes était déjà « Grande Cause nationale » l’an dernier ainsi qu’en 2010. L’une des différences, cette année, c’est l’inflation du vocable « féminicide ». 

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