Droit / hommes-femmes

Où passe la frontière entre séduction et agression ?

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Harcèment-Visuel

(cc) Pixabay / Surdumihail

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Cet article est issu du numéro 115 de Philosophie magazine « Pourquoi est-il si difficile de changer ? », en kiosque le 30 novembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La secrétaire d’État à l’Égalité entre les hommes et les femmes Marlène Schiappa a annoncé pour 2018 une loi pour lutter contre le « harcèlement de rue ». Sur fond d’affaire Weinstein, la mesure est attendue : mais comment définir le concept de harcèlement ?

La notion de « harcèlement sexuel » est apparue aux États-Unis dans les années 1970, pour désigner des conduites déplacées en milieu professionnel. Dans Sexual Harassment of Working Women (1979), la juriste et militante féministe Catharine MacKinnon pose que « le harcèlement sexuel des femmes au travail est une discrimination sexiste à l’emploi ». Il s’agissait de faire rentrer l’expérience du harcèlement sexuel dans une catégorie juridique existante, celle de la discrimination professionnelle, en s’appuyant sur le Civil Rights Act de 1964. C’est encore aujourd’hui la base de l’argumentaire des juristes, avocats et juges américains : le harcèlement est une violation des principes de l’égalité formelle et d’équité au travail. Il n’est pas toléré qu’une personne puisse voir sa carrière conditionnée à l’acceptation ou au refus d’avances. Selon cette ligne, le harcèlement est com­battu non pas pour sa violence intrinsèque, mais parce qu’il fausse l’évaluation des employés ! 

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