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Après le Groenland, la Corse ? La nouvelle folie de l’administration Trump

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Après le Groenland, la Corse ? La nouvelle folie de l’administration Trump

© Bernd Dittrich/Unsplash

Quelques jours après que l’ambassade américaine à Paris a intimé à des entreprises tricolores de s’engager par contrat à cesser leur politique de lutte contre les discriminations, l’administration Trump s’attaque de nouveau à la France, et d’une manière tout à fait inattendue.


 

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D’après l’agence de presse de la Maison-Blanche, l’équipe de Donald Trump serait en train de poser ses pions pour potentiellement annexer la Corse. Sur son réseau TRUTH Social, Trump publiait ce matin « EVERY FREE community, BIG or SMALL, has the RIGHT to be FREE » (« Toute communauté libre, quelle que soit sa taille, a le droit d’être libre »), faisant, semble-t-il, directement allusion à la Corse. Toujours selon nos confrères, cette annexion permettrait à l’île d’acquérir une « véritable autonomie », en en faisant un « gigantesque port franc et rendant la Corse l’île la plus riche de la Méditerranée ». Dans foulée, le président américain clarifiait ses intentions sur X.

Capture d’écran : compte de Donald Trump sur X

 

Capture d’écran. Compte de Donald Trump sur la plateforme X

Sur X toujours, Elon Musk a immédiatement renchéri, évoquant lui l’actualité française et élargissant l’annexion au territoire entier : « When the radical left can’t win via democratic vote, they abuse the legal system to jail their opponents. America will take action soon with a unique proposition to French PEOPLE (not government) » (« Quand la gauche radicale n’arrive pas à triompher dans les urnes, elle se sert du système judiciaire pour emprisonner ses opposants. L’Amérique va bientôt intervenir, avec une proposition unique à l’endroit du peuple français – et non de son gouvernement »).

Capture d’écran : compte d’Elon Musk sur X


Capture d’écran : compte d’Elon Musk sur la plateforme X

Les origines : Peter Thiel invoque Jean-Jacques Rousseau

L’homme derrière ce nouvel affront serait Peter Thiel, que nous avions rencontré il y a 10 ans, passionné de l’Île de Beauté où il passe toutes ses vacances depuis le début des années 1990 et où il s’est marié, à Santa-Reparata-di-Balagna, en Haute-Corse, au début des années 2000. Le milliardaire de la Silicon Valley défendrait cette autonomie pour des raisons « philosophiques et historiques » : il aurait été particulièrement marqué par la lecture de Jean-Jacques Rousseau, qui vouait une admiration sans bornes au tempérament rebelle et indomptable des habitants de l’île. « La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver », déclare le philosophe dans son Contrat social (1762). « J’ai quelque pressentiment qu’un jour cette île étonnera l’Europe. »

Rousseau alla jusqu’à produire un Projet de constitution pour la Corse (1768), dont Thiel aurait recommandé la lecture au vice-président des États-Unis, J. D. Vance. « Braves Corses, qui sait mieux que vous tout ce qu’on peut tirer de soi-même ? », y écrit le philosophe. « Sans amis, sans appuis, sans argent, sans armée, asservis à des maîtres terribles, seuls vous avez secoué leur joug. Vous les avez vus liguer contre vous, tour à tour, les plus redoutables potentats de l’Europe, inonder votre île d’armées étrangères ; vous avez tout surmonté. […] Il ne faut point conclure des autres nations à la vôtre. Les maximes tirées de votre propre expérience sont les meilleures sur lesquelles vous puissiez vous gouverner. »

Une autonomie insulaire qui, selon Thiel, ne peut être garantie que par une annexion par les États-Unis, seuls capables de respecter la liberté de ses citoyens. Il semblerait que les réflexions du milliardaire aient inspiré Vance. Quelques heures après les déclarations de Trump, le vice-président des États-Unis lançait, lors d’une visite d’usine à Atlanta, « Hillbilly Elegy is Corsicans Elegy! », passant du coq à l’âne à la fin d’un discours attendu sur la réindustrialisation de la région autour du Steel Act que l’administration Trump défend depuis le début du mandat. Pour l’heure, le Quai d’Orsay n’a pas réagi.