Idéologie / États-Unis

La novlangue selon Trump

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La novlangue selon Trump

(cc) Pixabay Maialisa

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’administration du président américain entend interdire une liste de mots dans les documents officiels d’une agence de santé publique. Les intuitions de George Orwell, l’auteur de “1984”, sur la création d’une nouvelle langue seraient-elles à nouveau d’actualité ?

« Vous croyez que notre travail principal est d’inventer des mots nouveaux ? Pas du tout ! Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. » Ainsi s’exprime un personnage du roman 1984, de George Orwell, qui imagine un univers totalitaire sous l’égide de Big Brother. Ce philologue travaille au dictionnaire de la « novlangue » (newspeak), destinée à remplacer, dans l’État d’Océania, l’anglais ordinaire d’ici 2050. Depuis quelques années, on a coutume d’appeler novlangue les excès du politiquement correct, qui remplace des mots jugés offensants par des euphémismes de bon ton. Mais, comme le personnage d’Orwell l’affirme, la vraie novlangue consiste à « supprimer les mots dont le sens [n’est] pas orthodoxe », afin de « rendre impossible tout autre mode de pensée » que celle imposée par le pouvoir.

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