Langage
Orwell et la novlangue managériale
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Team building, mutualisation des ressources, benchmarking, dynamique d’échange et de concertation, optimisation des « process » : l’entreprise est aujourd’hui régie par une véritable « novlangue », qui contamine les autres sphères de la société – des médias à la politique en passant par l’intimité familiale et amoureuse.
Une novlangue qui n’est pas forcément imposée d’en haut par un pouvoir totalitaire, comme dans 1984 de George Orwell, et qui témoigne plutôt de la dissémination insidieuse de l’idéologie néolibérale. Mais, au fond, dans notre monde comme chez Orwell, la logique est la même : la novlangue est un instrument de domination qui permet de contrôler ce que les gens disent, pensent, et même ressentent.
La socio-anthropologue Agnès Vandevelde-Rougal, autrice de La Novlangue managériale. Emprise et résistance (Erès, 2017), éclaire cette dérive de la parole dans notre nouveau hors-série consacré à Orwell.