Portrait

Ariel Wizman. Retour aux sources

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Cet article est issu du numéro 19 de Philosophie magazine « 19 - mai 2008 », en kiosque le 24 avril 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Formé par Emmanuel Lévinas, le dandy DJ disserte, entre deux blagues à la mode Canal Plus, aussi bien sur la pensée de Peter Sloterdijk que sur le Talmud.

Ariel Wizman, c’est une question d’époque. Déplacez-le de quelques décennies, et vous avez un autre homme. « Si j’avais vécu dans les années 1950, par exemple, j’aurais sans doute suivi une pente plus proche de mon caractère réservé et, peut-être, oui, me serais-je consacré à l’étude, l’écriture, la philosophie », constate aujourd’hui le trublion télévisuel.

Avant d’embrasser la vague postpunk, de connaître les ors du Palace parisien et de s’improviser chroniqueur d’une nouvelle tribu bientôt baptisée « branchée », Ariel Wizman a été l’élève d’un grand ami de sa famille : Emmanuel Lévinas. « J’avais 15 ans et j’étais plutôt agité, se souvient-il. Mes parents m’ont alors confié à lui, qui dirigeait à l’époque un internat à Paris. » [l’École normale israélite orientale, Ndlr]. Pendant ses deux dernières années de lycée, l’adolescent prie trois fois par jour en compagnie du philosophe et s’initie à sa phénoménologie talmudique. La rigueur de son enseignement le marque profondément : « Lévinas a formé de façon presque physique mon mode de pensée. Son exigence éthique est loin de la caricature qu’on en fait parfois, ce catéchisme des bons sentiments lié au “visage de l’Autre”. Elle vise plutôt à appréhender ce qui se passe avant ce moment où la conscience prend possession d’elle-même : ce qu’il y a en deçà de l’intentionnalité comme mouvement de saisissement des choses. Elle invite à vivre dans un désarmement originel, un désintéressement antérieur à l’engagement dans le monde. » Ce qu’Ariel Wizman traduit par un art du cool, une disponibilité à ce qui vient.

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