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Au sommet des multinationales

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Au sommet des multinationales

© Hélène Builly / Costume 3 pièces pour PM

 

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Cet article est issu du numéro 38 de Philosophie magazine « 38 - avril 2010 », en kiosque le 25 mars 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’une des principales forces de la pensée de Proudhon est de proposer des alternatives non totalitaires au capitalisme libéral. Elle inspire de nos jours des patrons, des associations et même des artistes.

« Essilor est née en 1972 de la fusion de deux entreprises longtemps rivales dans le domaine de l’optique-lunetterie, Essel et Silor. Historiquement, Essel est issue d’une coopérative ouvrière d’inspiration proudhonienne, l’Association fraternelle des ouvriers lunetiers, fondée en 1849. Tout au long de son développement, rapidement mondialisé, cette coopérative spécialisée dans la confection de verres ophtalmiques et la fabrication des montures est restée la propriété de l’ensemble de ses collaborateurs. Les décisions étaient débattues selon le principe “un homme, une voix”, et les gérants (qui étaient responsables sur leurs biens propres) étaient interpellés par les ouvriers ou les vendeurs. Ces derniers étaient, quant à eux, tenus de cotiser sur leur salaire et participaient donc à la capitalisation de l’entité économique. Le choc des cultures a été important lorsque Essel – à qui l’on doit l’invention du verre progressif en 1959 – s’est finalement alliée à Silor, qui était, à l’inverse, possédée par un seul homme, Georges Lissac. On a dit à l’époque que c’était le mariage de la carpe et du lapin !

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