Cinéma
Babel
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Cet article est issu du numéro 4 de Philosophie magazine « 4 - oct./nov. 2006 », en kiosque le 28 septembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Babel, le film, pose d’emblée la question de son rapport à Babel, la tour. Si le cinéma comme art de masse fait de tout film une sorte de cathédrale à prétention universelle, alors se pose évidemment la question de sa construction. Quelle forme donner à ce qui veut explorer les problèmes de l’humanité ?
Le réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, pour son troisième film, fait le pari de l’éclatement géographique en couvrant trois continents, ou plutôt quatre : Maroc, Japon, États-Unis et Mexique. On remarquera l’absence de l’Europe. Quel rapport entre une famille de bergers marocains, un couple de touristes américains, une baby-sitter mexicaine clandestine aux États-Unis et une adolescente japonaise sourde-muette en quête d’amour ? La question, babélienne en diable, est toujours celle du franchissement des frontières. Frontière géographique, linguistique, culturelle ou perceptive, comment s’ouvrir à l’autre dans un monde de plus en plus sécuritaire et peureux ? On le voit, la question est aussi européenne.