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Bernard Herrmann, génie oublié des meilleures bandes-son d’Hollywood

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Bernard Herrmann, génie oublié des meilleures bandes-son d’Hollywood

Bernard Herrmann. © Everett Collection/Bridgeman Images

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C’est le compositeur des plus grandes musiques de films du XXe siècle, de Welles à Hitchcock en passant par Scorsese ou Truffaut. Et pourtant, il a disparu de la mémoire du cinéma et de la musique. Dans une très belle monographie, Bernard Herrmann (Actes Sud, 2024), le compositeur Karol Beffa revient sur le parcours flamboyant de ce génie qui a absorbé tous les genres de son temps pour donner au cinéma sa profondeur musicale. 


 

C’est un bien étrange personnage que nous invite à découvrir le compositeur et pianiste Karol Beffa. « Ce cinglé était un génie », disait de lui François Truffaut. Compositeur et chef d’orchestre, Bernard Herrmann (1911-1975) est derrière les plus grandes musiques de film du XXe siècle, de Hitchcock à Scorsese. Né de parents juifs ayant fui pour les États-Unis les persécutions antisémites sous l’empire russe du tsar Alexandre III, Herrmann commence son apprentissage musical dès l’âge de cinq ans avec un violon que lui confie son père. Passionné de littérature autant que de musique, le père Herrmann initie son fils aux grands maîtres de la littérature, de Tolstoï à Mark Twain en passant par Balzac et Dickens, tout en lui faisant découvrir, dès l’âge de 13 ans, le traité d’orchestration d’Hector Berlioz. Éponge absorbant tout ce qu’il touche et entend, « Benny » impressionne ses professeurs. À 16 ans, il entre à la DeWitt Clinton High School de New York, établissement prestigieux qui possède un orchestre amateur de soixante musiciens. À sa sortie, il découvre le compositeur américain Charles Ives, peu connu alors mais considéré aujourd’hui comme la préfiguration de compositeurs tels que Stravinski, Bartók ou Schönberg. Il rencontre également Gershwin, auréolé du succès de sa Rhapsody in Blue et d’Un Américain à Paris. Mais il côtoie aussi le cercle des musiciens venus de la Nouvelle-Orléans : Louis Armstrong, Duke Ellington et plus tard Benny Goodman et Glenn Miller. Très attiré par la direction d’orchestre, Hermann s’inscrit à la célèbre Juilliard School où il rencontre le compositeur d’origine australienne Percy Grainger, qui le marquera tout au long de sa carrière. À la fin des années trente, Herrmann est chargé par la station de radio CBS de la programmation musicale de la chaîne. Il fait là la connaissance du réalisateur Orson Welles – une rencontre décisive. Il va adapter avec Welles à la radio le roman de H. G. Wells, La Guerre des mondes, un feuilleton radio dramatique dont la légende veut qu’il aurait créé un vent de panique à travers tous les États-Unis. C’est le début de la célébrité pour les deux protagonistes. Welles est contacté par les studios de Hollywood pour réaliser Citizen Kane tandis qu’Herrmann se voit confier la musique du film. La première est un triomphe critique.

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