Bernard Stiegler : “Sauver le désir en rompant avec le consumérisme”

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Cet article est issu du numéro 36 de Philosophie magazine « 36 - février 2010 », en kiosque le 21 janvier 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Ségolène Royal a fait campagne sur le « désir d’avenir ». Selon vous, le thème est pertinent, mais les propositions du PS ne fonctionnent pas. Pourquoi ?

L’année dernière, au moment de la crise économique, les socialistes français proposaient de tenter la relance par le soutien à la consommation. C’est une lourde erreur ! Car, aujourd’hui, ce qui ne fonctionne plus dans le capitalisme, c’est le modèle consumériste. La consommation est devenue une addiction, c’est avec une « conscience malheureuse » que les gens se procurent désormais les marchandises, tandis que leur vie est sans consistance.
Les structures de la société se sont désagrégées, les individus sont formatés par les industries culturelles et le marketing qui les poussent à adopter des comportements dont ils ne savent plus se défaire, mais qui ne les rendent pas heureux. Il y a donc une crise du désir et une absence de vision d’avenir. Les seuls à dire quelque chose de sensé sur cette situation, ce sont les Verts.

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