Le classique subjectif

Blaise Pascal, pensées de l’in-fini

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Blaise Pascal, pensées de l’in-fini

Pascal - Illustration ©William L.  ©NPL/Opale.photo X2

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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pascal fête cette année ses 400 ans. Pourquoi ses Pensées résonnent-elles encore à notre époque ? Peut-être est-ce, comme le souligne ici Victorine de Oliveira, parce que le philosophe y fait part d’incertitudes et d’inquiétudes qui nous sont également familières.

 

Qu’est-ce que l’infini ? Si on cherche à l’évaluer en termes quantitatifs, l’esprit achoppe, bute aux frontières de ses possibilités de représentation. Mais si l’on se concentre sur l’effet que produit la notion d’infini, un début de définition s’esquisse : c’est ce qui provoque le vertige – voire un léger mal de crâne. Pour l’expérimenter, pas besoin de parcourir de vastes espaces, de contempler des paysages grandioses, de lever les yeux au ciel ou de naviguer en pleine mer. Une page blanche suffit.

Elle est pourtant bornée cette page : on vous demande d’écrire un texte d’une certaine longueur, dans un certain style, parfois avec encore d’autres contraintes, qui, loin de compliquer la tâche, lui donnent au contraire un cadre rassurant. Limites et infini paraissent contradictoires. Mais, encore une fois, il faut se détacher de la notion d’espace. Si cette page blanche semble vous aspirer, c’est que ses possibilités paraissent immenses. Pourquoi choisir telle direction plutôt qu’une autre ? Vertige. Pourquoi prendre tel point de vue plutôt qu’un autre ? Vertige à nouveau. Quel ton adopter ? Léger, sérieux, ironique, solennel ? Vertige doublé de migraine. Paralysie même. Et le blanc de la page de vibrer de son absence même de mots. Son immensité vous paraît proportionnelle à votre absence d’idée et au courant d’air qui souffle entre vos deux oreilles. Misère de la panne d’inspiration !

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