Cinéma
Blanche-Neige déniaisée
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Cet article est issu du numéro 6 de Philosophie magazine « 6 - février 2007 », en kiosque le 25 janvier 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans Blanche-Neige, la suite, le réalisateur d’animation Picha nous offre une image décapante et inversée de la célèbre héroïne.
Des frères Grimm à Walt Disney, Blanche-Neige unit les pôles contradictoires de l’innocence et du désir. Sa peau est blanche comme la neige, mais ses lèvres rouges comme le sang. Elle excite la fureur, appelle la pitié ou inspire l’amour. Elle incarne l’obscure mécanique du désir. Dans Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim interprète ce conte comme l’histoire d’une petite fille qui sort de l’enfance. Martyrisée par une marâtre narcissique, jalouse de sa beauté, Blanche-Neige va en réalité devoir résoudre son propre complexe d’Œdipe, apprendre à se détacher de ses parents, en vivant un temps en compagnie d’hommes en miniature – les nains – avant de pouvoir s’unir au prince.