Exposition
Bleu profond
Représentation de Cœlacanthe © MNHN / Bernard Duhem - Tony Querrec
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Cet article est issu du numéro 132 de Philosophie magazine « Que faire de nos émotions ? », en kiosque le 22 août 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le Muséum national d’Histoire naturelle plonge dans les profondeurs de l’océan, entre deux extrêmes : l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Il couvre 71 % de la planète mais il reste méconnu. Au muséum national d’Histoire naturelle, une exposition (conçue aussi pour les enfants) sonde les profondeurs et les mystères de l’océan. Dans ses eaux, 2 000 nouvelles espèces sont observées chaque année ; il en resterait entre 1,7 à 2,3 millions à découvrir. Ici, les ténèbres règnent dès 200 mètres, et la fosse la plus profonde, à 11 000 mètres, vient d’être explorée. Ces abysses ont nourri l’imagination des scientifiques, des romanciers et des explorateurs, fascinés par l’observation d’animaux géants. L’existence d’un calmar mesurant jusqu’à 18 mètres de long et doté d’un œil de 25 centimètres est ainsi mentionnée pour la première fois en 1545. Mais il n’a été photographié qu’en 2012 grâce à une technologie sophistiquée. On croyait le cœlacanthe disparu depuis 70 millions d’années. Or ce poisson d’allure préhistorique, qualifié de « fossile vivant », a été aperçu en 1938, puis très rarement, au point que sa biologie reste inexpliquée. À l’autre bout de l’échelle, les organismes microscopiques pullulent dans l’océan : ils représentent plus de 95 % du poids du matériel vivant dans l’océan. Il y aurait ainsi 100 millions de fois plus de bactéries dans l’océan que d’étoiles dans l’Univers. Rapidement, la démonstration de ces disproportions stupéfiantes creuse un gouffre entre deux infinis. « Car enfin, écrit Blaise Pascal, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du rien, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes. »