France / Mouvements sociaux

“Bloquons tout !” : un nouvel imaginaire de la contestation

Temps de lecture : 2 min

“Bloquons tout !” : un nouvel imaginaire de la contestation

Carrefour de Perpignan, le 10 septembre 2025, lors d'une action menée dans le cadre du mouvement « Bloquons tout . ©Jc Milhet/AFP

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 193 de Philosophie magazine « À quel moment je m'engage ? », en kiosque le 25 septembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Selon le philosophe Georges Sorel (1847-1922), les mouvements sociaux tirent leur pouvoir des « images motrices » qu’ils produisent dans les esprits davantage que de leurs revendications concrètes. Illustration avec l’appel au blocage initié en France le 10 septembre ?

 

Lancé en juillet via Telegram par le collectif de citoyens Les Essentiels, l’appel à bloquer la France pour exprimer le ras-le-bol de la majorité silencieuse a suscité l’étonnement et le trouble. S’agit-il d’une relance du mouvement des « Gilets jaunes » ? D’une colère nouvelle née de la dissolution de 2024 et de l’incurie des gouvernements successifs à proposer un budget équitable et raisonnable ? Ou d’un mouvement social noyauté par les partis et syndicats d’extrême gauche ? Le jour J, alors même que nous écrivons ce papier, le mouvement se décline à travers une diversité d’action : blocage d’autoroutes et d’infrastructures, blocus de lycées par les élèves, occupation de parkings de supermarchés, grèves dans les transports, manifestations de rue, etc. S’il est difficile de mesurer à chaud l’ampleur de l’opération, un trait frappe cependant déjà dans ce mouvement social : sa sémantique.

Cet article est réservé aux abonnés