Pensée d’ailleurs
Boli
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Cet article est issu du numéro 64 de Philosophie magazine « 64 - novembre 2012 », en kiosque le 25 octobre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ces fétiches sont, pour les Maliens, doués de vie. Liés au sang, ils permettent d’agir sur le monde en touchant à son essence même.
Je me souviens d’un voyage à Ouidah, au Bénin, en 1995. Je me promenais lorsque je fus abordé par un enfant : « Pour deux francs, je te montre le grand vaudou de Ouidah. » Il y avait bien un vaudou, un amas de sable haut de trois mètres au moins, sur toute la surface de la case, large de cinq ou six mètres. Un ruban de satin jaune dessinait une taille de femme au tas de sable. Il était d’une couleur délavée, jaune verdâtre. Des vaudous, j’en avais déjà vus, vivifiés par les libations, chauds, de couleur fauve. « Il a l’air mort, ton vaudou ! » Et le gamin de répliquer : « Pour deux pauvres francs, tu ne croyais pas que tu allais voir un vaudou vivant… »