Union européenne / Royaume-Uni

Brexit : vers un divorce heureux ?

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Cet article est issu du numéro 122 de Philosophie magazine « 122 - septembre 2018 », en kiosque le 23 août 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Et si le mariage n’était beau et fécond que s’il était permis d’en partir, comme le soulignait déjà le poète anglais John Milton en 1644 ? L’Union européenne devrait peut-être aider ceux qui ne l’aiment plus à la quitter.

À la date du 20 septembre 1792 s’attache la célèbre bataille de Valmy. Pourtant, c’est aussi ce jour-là qu’est né dans la France révolutionnaire le mariage d’amour. Tandis que les sans-culottes en décousaient avec les Prussiens à l’Est, l’Assemblée nationale réunie à Paris adoptait une première loi autorisant le divorce. Très large d’esprit, cette loi prévoyait que le divorce pouvait être prononcé à la demande de l’homme comme de la femme, être obtenu par consentement mutuel sans juge, et parfois même sans aucun motif ! L’effet ne tarda pas à s’en faire sentir, auprès de quoi le mouvement de colère exprimée par les femmes dans le sillage de l’affaire Weinstein ferait presque pâle figure : un mariage sur trois fut dissous dans le pays, en très large majorité à la demande des épouses ! Que conclure d’une telle casse, sinon que la vénérable institution du mariage sous l’Ancien Régime – que maints traditionalistes idéalisent – ne valait pas tripette ?

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