Bush et l’Afghanistan en 1851
© Seb Jarnot pour PM
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Cet article est issu du numéro 69 de Philosophie magazine « 69 - mai 2013 », en kiosque le 24 avril 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Grande élection contestée pour la présidence des États-Unis. Voyage de pêche à la baleine par un nommé Ismaël. Batailles sanglantes en Afghanistan. » Herman Melville, Moby Dick
Moby Dick est un roman rétrospectif sur l’avènement d’une prophétie. C’est donc à double titre que l’avenir n’est pas son affaire : d’une part, le livre est écrit au passé par l’unique rescapé d’un naufrage qu’il présente, après coup, comme inéluctable. D’autre part, le rendez-vous que Melville donne à son lecteur (et qui n’est rien moins que le jugement dernier) est, en un sens, trop lointain – ou trop certain – pour se soumettre aux recoupements aléatoires d’un futur immédiat. Pourquoi prendre le risque de prédire le lendemain quand on annonce la fin des temps ? À quoi bon s’exposer à la sanction de l’avenir quand on prédit la fin de l’histoire ? Quel prophète est assez fou pour prendre un tel risque ? Les prophètes ne sont pas plus des devins que les vraies religions ne sont des sectes…