Géopolitique

Afghanistan : jeu de go dans le “Rimland”

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Afghanistan : jeu de go dans le “Rimland”

© Baona/Istock

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Pourquoi la Chine s’intéresse-t-elle à l’Afghanistan ? Pour le comprendre, il faut réinscrire l’Afghanistan dans le projet chinois de domination d’un espace d’influence toujours plus vaste, où les positions contrôlées comptent moins que le territoire qu’elles permettent de délimiter.

 

La seconde moitié du XXe siècle en a donné la preuve : l’Afghanistan, théâtre d’intervention de l’URSS puis des États-Unis, est un enjeu stratégique. Elle est en effet un point de passage essentiel de ce que le professeur de relations internationales Nicholas John Spykman nommait, dans sa vision géostratégique du monde, le Rimland, la ceinture littorale qui court de l’Europe à la Chine littorale et comprend, en passant par l’Inde et l’Iran, le Moyen-Orient et les contrées méditerranéennes. Pour Spykman, le Rimland (« rim » signifie bordure, en anglais) est « une vaste zone tampon de conflits entre la puissance maritime et la puissance terrestre », entre le Heartland, le coeur du continent eurasiatique, dominé par la Russie, et les îles extérieures, contrôlées par les États-Unis. Il est l’enjeu essentiel de la lutte entre ces puissances car « celui qui domine le Rimland domine l’Eurasie ; celui qui domine l’Eurasie tient le destin du monde entre ses mains ».

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