Le jargon décrypté

C’est quoi le “simulacre” ?

Temps de lecture : 1 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine « Le sentiment océanique. Peut-on faire l'expérience de l’infini ? », en kiosque le 10 juillet 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Parfois, le vocabulaire de la philosophie est obscur. Nous vous aidons à y voir plus clair.

 

  • Dérivé du latin simulacrum, « image », « représentation », « statue », « fantôme », lui-même issu du verbe simulare (« rendre semblable », puis « feindre »), le simulacre désigne une apparence qui se donne pour une réalité. Le terme évoque une imitation dont le rapport à son modèle est ambigu, oscillant entre ressemblance et tromperie.

  • Dès l’Antiquité grecque, le concept présente plusieurs interprétations. Chez Épicure, il désigne les images émises par des objets et qui rendent la perception possible. Chez Platon, le simulacre éloigne l’esprit humain des Idées. Moins fidèle encore que l’eikôn, copie conforme d’un modèle, le phantasma, ou simulacre, produit une apparence de vérité sans respecter ce qu’il figure… à l’image des peintres qui représentent un paysage sans reproduire les proportions exactes du monde. 

  • Pour Jean Baudrillard, le simulacre n’est plus une imitation trompeuse : « Il s’agit d’une substitution au réel des signes du réel » (Simulacres et Simulation, 1981). Il affirme que les simulacres révèlent la vacuité même de l’objet qu’ils sont censés représenter. Dans nos sociétés saturées d’images, cette logique produit une « hyperréalité » : un monde où les signes et les images semblent plus réels que la réalité elle-même.