Chantal Delsol : “Un peuple enraciné contre une élite mondialiste”
Chantal Delsol (cc) Wikimedia Commons / Elekes Andor
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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Pour la philosophe libérale-conservatrice, le mouvement des “gilets jaunes” trouve sa source dans la rupture entre “France d’en-haut” et “France d’en-bas”. Comment retrouver la concorde ? En redonnant plus d’autonomie aux territoires et aux corps intermédiaires, analyse-t-elle.
Il est difficile de réduire la contestation présente, dite des « gilets jaunes », à une jacquerie frumentaire [liée à des problèmes de subsistance]. Naturellement, les revendications financières (baisses de taxes, niveau de vie en général) ont joué et jouent encore un rôle essentiel. Mais la diversité des manifestants et des doléances – sous forme de sommations –, la détermination et la persévérance du mouvement, traduisent un malaise profond et qui vient de loin. Je crois qu’il s’agit d’un malaise culturel, dû à un sentiment de rupture entre le peuple et l’élite.