Société / Inégalités hommes-femmes

Charge mentale : fallait demand​er à Bergson

Temps de lecture : 3 min

Bergson-visuel

(cc) George Grantham Bain Collection (Library of Congress)

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Cet article est issu du numéro 112 de Philosophie magazine « À quoi tient l’autorité ? », en kiosque le 24 août 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une BD en a fait la nouvelle frontière du féminisme. Et Bergson d’approuver, car réserver aux femmes le rôle de managers du foyer revient à les priver d’un accès authentique au réel.

Depuis le mois de mai, la bande dessinée en ligne Fallait demander a été partagée plus de 200 000 fois. Avec ses saynètes sur la vie quotidienne de jeunes couples, la blogueuse Emma a touché un point sensible en faisant revivre un concept datant des années 1970 et 1980, celui de charge mentale. Invitée à dîner chez un couple d’amis, la narratrice déguste un verre de vin avec le mari, pendant que la compagne de ce dernier donne à manger au bébé tout en préparant le repas des adultes. Au moment où la casserole déborde, l’époux s’écrie : « Mais qu’est-ce que t’as fait ? » Excédée, la femme répond : « J’ai TOUT fait, voilà ce que j’ai fait ! » Il lance cette phrase dans laquelle beaucoup se reconnaîtront : « Mais… fallait demander ! Je t’aurais aidée ! » Le problème est bien là. Si les hommes participent plus qu’auparavant aux tâches ménagères (donnée à relativiser, puisque les femmes y consacrent tout de même en moyenne 2,5 fois plus de temps que les hommes), ils ne le font le plus souvent qu’à la demande et ne font QUE ce qu’on leur a demandé. À la femme de penser à ce qu’il faut réaliser et de gérer ce qui ne tourne pas rond dans la maisonnée : « planifier, organiser les choses, c’est déjà un travail à temps plein ». Il s’agit d’un « travail invisible », purement mental.

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