Charles Taylor : « L’Église fonctionne encore comme sous Louis XIV »

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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

De passage en Europe, le philosophe canadien Charles Taylor, spécialiste de la laïcité et croyant, répond à nos questions sur le crise de l’Église catholique.

Quel regard porte le philosophe et le croyant que vous êtes sur les scandales de pédophilie dans des institutions catholiques ?

Il s’agit là d’une énorme crise, et nous ne sommes pas encore capables d’en identifier les tenants et les aboutissants. Une chose est sûre : ces évêques qui ont pris part au débat en adoptant une posture défensive se croyaient inattaquables. Ils se sont repliés sur leur autorité, comme si elle ne pouvait pas être mise en question. Des cardinaux romains ont prétendu être des victimes. Tout cela est une crise d’establishment et ne devrait pas avoir de trop grandes conséquences pour l’Église au sens de « laos tou Theou », ou peuple de Dieu. Même si certains, comme en Allemagne, refusent de payer l’impôt confessionnel… Mais si le catholicisme comme institution est en cause, je n’y vois pas de raison pour remettre en question ma foi ou pour douter de Dieu. Cette crise aura des conséquences bénéfiques : l’Église ne peut plus se permettre cette centralisation du pouvoir qui a conduit à ce que ses responsables vivent détachés de la société.

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