Le graphique

Combien d’hommes la Terre peut-elle (sup)porter ?

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133-Graphique

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Cet article est issu du numéro 133 de Philosophie magazine « 133 - octobre 2019 », en kiosque le 26 septembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Qui a des hommes en abondance a aussi en abondance toutes les choses qui concernent le génie et l’industrie des hommes », affirmait Giovanni Botero (1544-1617), auteur Des causes de la grandeur des villes (Éditions Rue d’Ulm). À la Renaissance, ce philosophe italien est l’un des premiers à s’interroger sur les causes de la croissance démographique et à en faire un enjeu politique. Pour lui, la grandeur d’une ville, sa prospérité et sa puissance n’ont rien à voir avec son territoire et dépend avant tout de la taille de sa population. Sa réflexion éclaire les récentes projections des Nations unies, relayées par le Pew Research Center. D’un côté, les résultats prévoient l’explosion de la population mondiale – 11 milliards d’être humains en 2100, dont 4,3 pour la seule Afrique. Celle-ci aura quadruplé sa population en un siècle – de quoi alimenter le fantasme d’une « bombe démographique », d’autant plus inquiétante en période de réchauffement climatique. Mais, de l’autre côté, 2100 devrait aussi être l’année où l’humanité cessera de croître pour la première fois dans l’histoire moderne. À l’échelle de l’espèce, il s’agit d’une révolution : le nombre d’enfants par femme (aujourd’hui à 2,5) descendra à 1,9, soit sous le minimum nécessaire au renouvellement de la population (2,1). Comment expliquer ce retournement ? Si la question est très débattue chez les démographes, deux critères reviennent : l’urbanisation et l’éducation des femmes. Prenons le cas de l’Iran : en dépit du modèle promu par la République islamique, le taux de fécondité a chuté de 6,5 enfants par femme en 1985 à 1,9 en 2015. Une évolution que la démographe Marie Ladier-Fouladi, directrice de recherche au CNRS, lie au meilleur accès des femmes à l’éducation et au monde économique. 

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