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Combien vaut la vie humaine par temps d’épidémie ?
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Cet article est issu du numéro 138 de Philosophie magazine « 138 - avril / mai 2020 », en kiosque le 26 mars 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
C’est l’une des questions éthiques centrales que les États vont avoir à affronter face à l’épidémie de coronavirus : celle de la balance entre le souci de la santé et le souci de l’économie. Les États prennent des mesures de confinement destinées à protéger la santé et la vie des citoyens… mais ces mesures ont un effet sur la vie économique, qui a elle-même un effet en retour, via la réduction probable des investissements dans la santé, sur l’espérance de vie des citoyens. Dans « Le coût économique de la quarantaine », article publié en février sur le site PR Newswire, James Liang, homme d’affaires et chercheur en économie à l’Université de Pékin, estime ainsi qu’avec un confinement de 20 % de la population, un pays risque de perdre environ 1 % de son PIB. Il ajoute que le niveau du PIB a un lien direct sur le niveau moyen de l’espérance de vie : selon lui, perdre 1 % du PIB reviendrait à la réduire de 10 jours. Si l’État protège dans l’immédiat tel pourcentage de la population, le coût global de ces mesures pourrait en faire pâtir à long terme une proportion encore plus grande.