Chine / Santé

Surveiller et contenir : Foucault à Wuhan

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Surveiller et contenir : Foucault à Wuhan

© Thomas Peter / Reuters

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Cet article est issu du numéro 137 de Philosophie magazine « 137 - mars 2020 », en kiosque le 20 février 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La réaction des autorités chinoises à l’épidémie de coronavirus partie de Wuhan ressemble aux quarantaines durant les grandes épidémies de peste en Occident à l’âge classique. Michel Foucault y voyait les prémices d’une société disciplinaire, qui, depuis, a fait des pas de géant. Notamment en Chine.

« Je me sens prise au piège, un peu comme au Moyen Âge au temps des grandes pestes » : le 23 janvier, suite aux mesures de confinement décidées par le gouvernement chinois pour contenir le coronavirus nCoV, une enseignante témoignait dans La Croix du sentiment d’enfermement qui gagnait les 11 millions d’habitants de Wuhan, capitale de la province du Hubei. Alors qu’en 2003, la gestion de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) avait été critiquée par l’OMS, Pékin a fait montre d’une plus grande réactivité, même s’il a fallu attendre trois semaines avant que l’alerte lancée par les médecins de l’hôpital central de Wuhan soit prise en compte par le pouvoir. L’un d’eux, Li Wenlang, a d’ailleurs été arrêté pour menace à l’ordre public. Aujourd’hui, policiers et militaires bloquent l’aéroport, les gares et les autoroutes, les transports en commun sont à l’arrêt, la circulation des véhicules individuels interdite en ville, et les habitants sont invités à ne sortir qu’en cas de nécessité. Contrôler les déplacements est l’enjeu majeur de ces mesures de quarantaine. Deuxième ville du centre de la Chine, Wuhan est un nœud de communication, une étape clé sur les nouvelles « routes de la soie » – qui avaient contribué autrefois à la propagation des pestes. 

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