Psychologie

Comment le port d’une arme nous transforme

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(cc) Unsplash / David Levêque

Alors qu’une fusillade dans un lycée américain relance le débat sur la liberté du port d’arme, Donald Trump se déclare prêt à prendre des mesures qui iraient contre les intérêts de la National Rifle Association. Le philosophe Bruno Latour déconstruit le mot d’ordre de ce puissant lobby des armes aux États-Unis.

 

Après qu’une nouvelle fusillade a tué 17 personnes dans un lycée à Parkland, en Floride (États-Unis), Donald Trump s’est d’abord montré favorable à l’armement des professeurs, en vue de les préparer à une éventuelle riposte. Mais, suite à l’émoi suscité par ses déclarations, le président américain a fait volte-face en se prononçant pour un relèvement de 18 à 21 ans de l’âge légal pour acheter certaines armes, le 28 février, à l’occasion d’une d’une réunion de membres du Congrès à la Maison-Blanche.

Donald Trump se déclare prêt à mettre en place un plan d’ensemble, quitte à se mettre à dos la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby américain en faveur des armes à feu, qui l’avait pourtant soutenu lors des élections présidentielles. Longtemps, le mot d'ordre de cet association a été : « Les revolvers ne tuent pas ; seuls des gens tuent des gens ». Mais ce slogan résiste-t-il à l’analyse ?

Non, comme l’expliquait Alexandre Lacroix sur le plateau du Grand Soir 3 sur France 3, dans la rubrique réflexion faite, le 23 février. Pour le philosophe Bruno Latour, en effet, dire que l’outil est neutre est faux. Mais dire l’inverse l’est tout autant. Selon lui, il faut cesser de séparer l’outil et la personne. Il insiste sur la création du nouvel « agent », né de la rencontre de l’humain et de l’outil.

Autrement dit, selon sa théorie de l’« agentivité », ce ne sont pas les revolvers ni les humains qui tuent mais leur association. Pour résumer, Bruno Latour écrit ainsi dans un essai Sur la médiation technique (1994) : « Vous êtes une personne différente avec un pistolet entre vos mains. L’essence c’est l’existence, et l’existence c’est l’action. »

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