Le concept à la mode
Comment reconnaître un “homme performatif” ?
Parmi les célébrités contemporaines associées à la figure de l’“homme performatif”, l'acteur Timothée Chalamet. © Richard Shotwell/AP/Sipa
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Faut-il croire cet homme qui se dit « déconstruit » ? Il est peut-être ce qu’on appelle un « homme performatif », qui arbore un vernis féministe pour plaire aux « femmes progressistes ». Faut-il pour autant moquer tous les hommes féministes ? Décryptage.
L’habit fait-il le moine ? Tous les signaux semblent, de prime abord, au vert : votre date lit bell hooks et Mona Chollet, manie avec aisance les concepts féministes, boit du matcha, écoute Mitski et Clairo ; il ose se montrer vulnérable et se défie des discours masculinistes toxiques, accepte sa « part féminine », regarde Ru Paul’s Drag Race et se dit déconstruit – peut-être a-t-il même du vernis à ongle. Que demander de plus ? Et si cette perfection apparente cachait malgré tout quelque chose ? Votre rendez-vous galant serait-il un performative male, un « homme performatif » ?
Un nouvel archétype masculin
La formule est apparue en ligne dans le courant de l’année 2025 pour désigner le nouveau venu du bestiaire masculin hétéro : l’homme qui « coche toutes les cases » censées combler les attentes du regard de la « femme progressiste ». Pas besoin de croire vraiment au discours féministe : il suffit d’en arborer les signes extérieurs (comme dans le virtue signaling, le fait de signaler ostensiblement qu’on est « vertueux », sans nécessairement l’être réellement). L’homme performatif n’est pas un homme de conviction mais un expert du calcul esthétique. Ses véritables intentions restent tristement banales : séduire. Le nouvel archétype masculin s’est constitué en ligne à grand renfort de mèmes, dont le caractère imitatif souligne, par la répétition, le caractère purement formel, caricatural, impersonnel de la posture adoptée par le performative male. Parmi les célébrités contemporaines associées à cette figure inédite : les acteurs Jacob Elordi, Timothée Chalamet ou Pedro Pascal.