Théâtre
Compagnons de route
Marin Ollès dans “Letzlove” © Tristan Jeanne-Valès
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 117 de Philosophie magazine « 117 - mars 2018 », en kiosque le 15 février 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Passé inaperçu lors de sa publication, avant d'être réédité, l’échange entre Michel Foucault et le jeune maoïste, homosexuel et militant d’extrême gauche Thierry Voeltzel est aujourd’hui adapté au théâtre avec succès.
Lever le pouce, faire du stop, entrer dans une voiture. Rien d’exceptionnel dans les années 1970. Sauf lorsque le conducteur est un chauve à lunettes d’acier, professeur au Collège de France : Michel Foucault. Le jeune passager, Thierry Voeltzel, est un inconnu et il le restera. Mais ensemble, ils finissent par écrire un livre d’entretiens, après que ce trajet pour Caen partagé durant l’été 1975 a créé une sympathie qui s’est transformée en amitié intime. Vingt ans et après paraît en 1978. Il ausculte, une décennie après mai 1968, l’écart générationnel qui sépare un jeune étudiant en japonais, homosexuel et militant d’extrême gauche et le philosophe star, de trente ans son aîné. Pierre Maillet a décidé d’adapter ce texte au théâtre, sous le titre Letzlove – anagramme de Voeltzel. Il interprète le rôle de Michel Foucault. Maurin Olles (photo) donne corps aux réponses de Thierry Voeltzel, il incarne « le garçon de 20 ans ». L’amitié conduit les deux hommes à voyager dans l’Iran révolutionnaire en 1978, comme journalistes, puis à participer ensemble aux débuts du magazine Le Gai Pied, à destination des homos.