Mort du pape François

Conclave au Vatican : une élection sans candidat... et un modèle démocratique ?

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Conclave au Vatican : une élection sans candidat... et un modèle démocratique ?

Les cardinaux dans la chapelle Sixtine pour jurer sur la Bible de ne jamais révéler les secrets de leurs délibérations avant le début du conclave au Vatican, le 12 mars 2013. © Osservatore Romano/AFP

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Qui remplacera François comme souverain pontife ? Aux cardinaux de répondre à cette question : ils se réuniront, dans les prochains jours, en conclave – un mode étonnant d’élection sans candidat.


Il a existé, historiquement, différents modes de désignation du nouveau pape. On sait peu de choses sur le mode de désignation, parfois chaotique, des premiers papes. Le principe d’élection par le clergé semble prévaloir, mais les modalités sont incertaines et variables. Les laïcs y sont parfois associés. Ainsi, pour l’élection du pape Corneille (en 251), Cyprien, évêque de Carthage et Père de l’Église, écrit : « Corneille a été fait [pape] par le choix de Dieu et du Christ, par le témoignage favorable de pratiquement tout le clergé, par le vote des laïcs présents, et par l'assemblée des évêques. » 

Les choses changent au cours du Moyen Âge : l’approbation de l’empereur du Saint-Empire romain germanique joue un rôle de plus en plus important dans le processus. Pour lutter contre cette ingérence impériale, le pape Nicolas II fixe en 1059, avec la bulle pontificale In nomine Domini, le principe de l’élection du pape par les cardinaux évêques. Un siècle plus tard, en 1179, Alexandre III étend le « corps électoral » à l'ensemble des cardinaux et prescrit le principe de majorité des deux tiers des voix pour assurer un choix consensuel (règle abolie à la fin du XIVe siècle, avant d'être réintroduite, qui est toujours en vigueur). 

 

Secret et enfermement

Le quatrième concile du Latran (1215) précise les modalités d’élection : par acclamation spontanée, par vote à bulletin secret, ou par compromis – quand l’élection traîne, une commission désigne un candidat pour lequel ils s’engagent à voter à l’unanimité. Cette méthode vise à sortir des situations fréquentes de blocage. C’est aussi l’objectif de la bulle Ubi periculum, promulguée par le pape Grégoire X en 1274 – son élection avait en effet duré près de trois ans. Pour pousser les cardinaux à trouver un nouveau souverain pontife, les autorités romaines avaient fini par les enfermer, en menaçant de les affamer. Les cardinaux s’étaient alors résolus à procéder à une élection par compromis. Grégoire X choisit de pérenniser le principe d’enfermement. Le conclave est né.

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