Congo, le chimpanzé qui savait peindre

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les animaux auraient des cultures, au sein desquelles cohabitent des individus différents les uns des autres. Ces découvertes récentes ébranlent nos convictions les mieux ancrées sur la notion d’espèce.

Wattana, jeune femelle orang-outan de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, montre une virtuosité étonnante à faire et défaire des nœuds. Ce spectacle est d’autant plus amusant à observer que les orangs-outans et les autres singes anthropoïdes ne sont pas supposés savoir faire des nœuds. A quelques exceptions, la quasi-totalité en est incapable. Ces grands singes font partie des « animaux singuliers », dont le statut reste négligé par les éthologues, les ethnologues ou les philosophes, alors même qu’ils déstabilisent ce que nous croyions savoir de l’animal et invitent à repenser ses relations avec l’humain.

Les « singes noueurs » sont loin d’être les seuls à se situer aux -marges de l’espèce. D’autres exemples d’animaux aux compétences inconnues de leurs congénères ont été observés, comme Congo, le chimpanzé qui peignait des toiles, ou Brutus, le chimpanzé sauvage de Taï, et sa méthode de chasse qu’il est le seul à pratiquer, ou encore Kanzi, le bonobo « qui parle ». Avec l’animal singulier, une certaine animalité devient aventureuse dans des proportions que nous n’avons pas encore réalisées, et certains animaux à l’intérieur de certaines espèces peuvent être caractérisés par les risques qu’ils prennent individuellement.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

EspèceNature