Oh ! La belle vie

Conseil n° 13. Embarrassons-nous du choix

Temps de lecture : 2 min

Conseil n° 13. Embarrassons-nous du choix

Illustration : © Alain Pilon/Costume 3 Pièces pour PM

Cet article est issu du numéro 154 de Philosophie magazine « Ma liberté est-elle négociable ? », en kiosque le 28 octobre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Bien évidemment, je suis d’accord avec vous, ça fait tout de même beaucoup : des écolos, des fachos, des socialos, un coco, un tro­tro, des rigolos… Sans compter les répus, les farfelus, les européens convaincus (ceux-là, pas spécialement en nombre). 

Enfin, quand même, ça fait du monde.

Et on entend déjà les plaintes, les griefs, les jérémiades… La lassitude. 

Mais, au bout du compte, comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? Ils ne pourraient pas s’entendre entre eux ? On n’y comprend plus rien. 

La boîte aux lettres comme la boîte mail vont encore être pleines de programmes, de tracts, de professions de foi. Ça va déborder. On n’en peut plus. 

La confusion, le chaos, le bazar, le bordel.

C’est vrai, c’est le bordel. Comme dans la tête de chacun. Un vrai gros bordel.

Mais comment ils font, les autres ? 

Les autres (certains autres), ils sont moins embêtés.

Chanceux russes : Vladimir Poutine, en mars 2018, était presque le seul candidat à sa succession à la présidence du pays. Vingt ans de règne, quatrième mandat. Ses opposants sont empoisonnés ou emprisonnés. La situation est plus claire.

Bienheureux Coréens du Nord : un seul candidat désigné par le parti unique, et le vainqueur, cette année est encore le sémillant Kim Jong-un. Bravo ! Magnifique ! 

(Les régimes autoritaires, on a beau dire, quelle économie de temps, d’énergie, de débats, de parlottes en tous genres.)

Veinards de Tchadiens : Idriss Déby est élu dans un climat d’intimidation. Les candidatures d’opposition, de diverses manières (ici, l’imagination est vraiment au pouvoir), sont empêchées. Déby est élu, et puis, patatras ! assassiné ! Mahamat Déby, le fils, reprend le pouvoir à la tête d’un régime militaire. Tout est bien qui finit bien.

Fortunés Syriens : Bachar el-Assad élu à plus de 95 % face à deux candidats approuvés. Top, Bachar !

Prospères Iraniens : Ebrahim Raïssi est élu dès le premier tour. C’est vrai que, afin de ne pas compliquer la situation, ses rivaux n’avaient pas été autorisés à se présenter.

Béats Béninois : Patrice Talon élu au premier tour. (Il faut dire que les deux candidats face à lui étaient inconnus mais de la même tendance que lui.)

On continue ?

Votons bien en mai prochain. En tout cas, votons au mieux. 

Et vive le bordel !

Oui, en France, c’est le bordel. Mais a-t-on trouvé mieux pour que la démocratie s’exprime ?

Parce que, dites, rassurez-moi, vous n’avez pas abandonné l’idée de la démocratie ?  

Les concepts liés à cet article

OpinionPop’philosophiePouvoir