Corine Pelluchon : “Redonner l’initiative aux citoyens pour rendre possible la transition écologique et solidaire”

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Corine-Pelluchon

Corine Pelluchon en 2013 (cc) Claude TRUONG-NGOC

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Cet article est issu du numéro 126 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’une saine colère ? », en kiosque le 10 janvier 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est parce que le gouvernement s’est appuyé sur une vision punitive de l’écologie qu’il s’est mis dans cette impasse, constate la philosophe. Pour elle, seule une politique environnementale partant des territoires et de ceux qui y vivent peut permettre de dépasser le sentiment de mépris et d’abandon ressenti par la population.

Les manifestations des Gilets jaunes sont la conséquence d’une politique technocratique, décrétée sans réelle concertation et sans prendre en compte les contextes géographiques et sociaux. Elles soulignent aussi l’impasse d’une économie qui n’est pas l’administration prudente de la maison commune, mais une gouvernance par les chiffres. De même, l’écologie est perçue comme punitive quand elle se réduit à des mesures atomistes. Au contraire, conçue comme la sagesse de l’habitation de la Terre et de la cohabitation avec les autres, l’écologie ne se limite pas à sa dimension environnementale. Elle est aussi articulée à une écologie sociale, liée à la répartition équitable des richesses et des coûts de la pollution et à une réorganisation du travail et des modes de production. Enfin, elle concerne notre subjectivité et est indissociable d’une modification profonde de notre manière de nous rapporter aux autres et de consommer. 

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