Europe
David Sikharulidze : “Si nous ne faisons rien, il n’y aura probablement plus de réelles élections en Géorgie”
Lundi 28 octobre. Après une élection marquée par la fraude, l'opposition a rejeté le résultat. La présidente Salomé Zourabichvili a appelé à manifester et à s'opposer au parti au pouvoir, afin de défendre un destin européen pour la Géorgie. © Paul Dza/Sipa
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Ancien ambassadeur de Géorgie aux États-Unis et ex-ministre de la Défense de son pays, David Sikharulidze a fondé et présidé le think tank Atlantic Council en Géorgie. Il analyse pour nous la situation politique géorgienne après le résultat des élections législatives, qui se sont tenues ce samedi 26 octobre et que le parti nationaliste pro-russe actuellement au pouvoir, Rêve géorgien, prétend avoir gagnées.
Comment réagissez-vous aux résultats des élections législatives ?
David Sikharulidze : Il s’agit d’un moment décisif pour l’histoire de la Géorgie. Je réagis comme l’écrasante majorité des Géorgiens et des observateurs, considérant que les élections ne reflètent fondamentalement pas la volonté des citoyens. Les observateurs de multiples missions internationales ont fait état de violations généralisées et, chaque heure, de nouvelles preuves de fraude continuent d’apparaître. Il y a des irrégularités si alarmantes qu’à certains endroits, il y a plus de votes que de résidents ou d’inscrits. Cela suggère une manipulation systématique du résultat en faveur du parti au pouvoir, Rêve géorgien, dirigé par un oligarque prorusse. Ce résultat, qui n’est pas l’expression légitime du choix des citoyens, sape la confiance dans nos processus démocratiques, et dans la démocratie en générale.
“Les citoyens sont frustrés, ils ont le sentiment que ces élections ont été volées”
La présidente Salomé Zourabichvili, qui est pro-européenne et en opposition au gouvernement mené par Rêve géorgien, ne reconnaît pas les résultats. Que va-t-il se passer ?
Pratiquement tous les observateurs et organisations internationales disent que ces élections n’ont été ni libres ni équitables. La coalition de quatre partis d’opposition, signataire d’une Charte géorgienne, en faveur d’une politique pro-européenne, formulée sous les auspices de la présidente Salomé Zourabichvili, a donc refusé de reconnaître les résultats, se faisant l’écho de la désillusion ressentie par les Géorgiens. La présidente a appelé à de grandes manifestations, et tous les partis d’opposition se joignent à elle. Les citoyens sont frustrés, ils ont le sentiment que ces élections ont été volées.
“Plus de 80 % des Géorgiens sont favorables à l’intégration européenne, mais toutes les législations défendues par Rêve géorgien l’ont été pour faire dérailler le pays de son chemin européen”