Tennis
De Djokovic à Sinner : trouble dans les générations
Jannik Sinner (à g.) est félicité par Novak Djokovic après leur demi-finale à l’Open d’Australie de tennis à Melbourne Park, Melbourne (Australie), le 26 janvier 2024. © Asanka Brendon Ratnayake/AP/Sipa
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En remportant l’Open d’Australie après avoir battu le numéro 1 mondial Novak Djokovic en demi-finale, le jeune Italien Jannik Sinner a semblé confirmer un tournant dans l’ère tennistique. Fait cocasse, aucun de ses aînés nés dans les années 1990, génération sacrifiée de ce sport, n’avait véritablement réussi à impulser un tel changement. Comment le comprendre ?
La statistique est vertigineuse : alors que 80 titres du Grand Chelem (l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open) ont été remportés par des natifs des années 1980, deux seulement l’ont été par des joueurs nés dans les années 1990. Avec la victoire de Jannik Sinner, 22 ans, à l’Open d’Australie dimanche dernier, les joueurs nés dans les années 2000 viennent déjà de dépasser les 90’s boys, avec trois titres à leur actif (le jeune Espagnol Carlos Alcaraz ayant pour sa part remporté l’édition 2022 de l’US Open ainsi que le tournoi de Wimbledon 2023).
Étouffée par les Federer, Nadal et Djokovic (les « Big Three », comme on les appelle dans le milieu), dont elle n’a jamais réellement réussi à se défaire, la génération 90 fait figure de grande sacrifiée de l’histoire du tennis. Comme s’il avait fallu attendre une décennie supplémentaire pour que la véritable « next gen » (ainsi que l’on désignait les Dominic Thiem, Daniil Medvedev, Alexander Zverev ou Stefanos Tsitsipás, nés entre 1993 et 1998) éclose et que les Big Three laissent enfin un peu de place, après des départs à la retraite (Federer), des blessures à répétition (Nadal) ou, donc, de rares phases de moins-bien (Djokovic).