Le tour d’une notion

De la “broligarchie” en Amérique

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De la “broligarchie” en Amérique

De g. à dr. : Mark Zuckerberg, Lauren Sánchez, Jeff Bezos, Sundar Pichai et Elon Musk assistent à l'investiture de Donald J. Trump, le 20 janvier 2025. © Julia Demaree Nikhinson/AP Photo/Pool/Sipa

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Une bande d’amis milliardaires, d’extrême droite, friands de cryptomonnaie et de blagues misogynes, est désormais à la tête des États-Unis : ils forment la « broligarchie ». Que signifie vraiment ce néologisme en vogue ? 


 

« Ils ont l’air de s’amuser, de beaucoup s’amuser. C’est bien qu’ils s’amusent. » C’est en ces termes que Maye Musk, la mère d’Elon Musk, décrivait la relation qui unit le 47e président des États-Unis et le patron de SpaceX en novembre 2023 : comme si elle parlait de deux frères en train de jouer dans un parc d’attractions géant. Pour cause, Trump et Musk n’ont cessé de mettre en scène leur amitié, jouant aux cow-boys face à une foule d’admirateurs enfiévrés comme des gamins lors d’un spectacle de fin d’année. Cette relation marquée par un mélange de virilisme et d’immaturité porte désormais un nom : la « broligarchie ». Le terme, mot-valise associant bro- (contraction de brothers, frères) et -garchie (d’« oligarchie », ce régime où seul un petit groupe de puissants détient le pouvoir) pour signifier la domination sur un système politique, désigne un mode de gouvernance composé d’une poignée d’hommes se considérant comme des meilleurs amis – « à la vie à la mort » – qui s’entraident, se cooptent, se chamaillent et festoient entre eux dans des clubs sélects, sur le modèle des fratboys, les membres des fraternités étudiantes américaines. Apparu dans les années 2010 aux États-Unis, ce néologisme s’est diffusé dans la presse américaine puis internationale à la suite d’un article du journal britannique The Guardian intitulé « Tech Broligarchs Are Lining Up to Court Trump » (« Les broligarques de la tech font la queue pour courtiser Trump »).

En plus de Musk, surnommé le « first buddy » (« premier de ses potes ») de Donald Trump, qui occupe donc la place de petit frère préféré, le terme de broligarques désigne la garde rapprochée de Trump : tous des hommes, blancs, millionnaires voire milliardaires, masculinistes, d’extrême droite, friands de cryptomonnaie, de nouvelles technologies, de conquête spatiale et d’intelligence artificielle. On peut compter notamment les entrepreneurs Peter Thiel (à la tête de PayPal) et Jeff Bezos (le patron du géant Amazon), mais aussi des figures moins connues comme l’investisseur Marc Andreessen auteur d’un Manifeste techno-optimiste publié en 2023 sur son blog, ou encore Dana White, président de l’Ultimate Fighting Championship, la plus grande ligue de MMA – un sport de combat ultraviolent – des États-Unis.

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