Denis Moreau: “Ce qu’est vraiment vouloir quelque chose”

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Denis Moreau: “Ce qu’est vraiment vouloir quelque chose”

Marathon d’Athènes en 1980 (cc) Wikimedia Commons / Brakspear

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Cet article est issu du numéro 88 de Philosophie magazine « Où avez-vous la tête ? », en kiosque le 26 mars 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quatre penseurs et praticiens vous dévoilent leur méthode pour se recentrer – ou se démultiplier sans se perdre. Avec Denis Moreau, la course à pied.

« Pour un coureur de fond, l’idée selon laquelle l’esprit de l’homme pense de façon indépendante du remue-ménage corporel est tout simplement intenable ! En d’autres termes, courir empêche d’être totalement “dualiste” et amène à concevoir une étroite intrication de l’esprit et du corps, même si cela n’empêche pas de penser aussi leur distinction. C’est l’une des choses que j’ai retenues de mes sept marathons. Quand on parle de course, il faut bien distinguer l’entraînement de l’épreuve elle-même. L’entraînement repose principalement sur de longues séances d’endurance à allure faible et régulière. Selon l’expression d’un ami psy, ce type de course permet de “défocaliser”, de penser à autre chose, de vider l’esprit de ses ruminations. La libération des endorphines dans l’effort suscite en outre un sentiment d’aisance, de fluidité intellectuelle. Je pense mieux, plus vivement, plus intensément, quand je cours en endurance : des idées me viennent, je dresse le plan de mes cours, je polis le style de mes textes.

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