Pourquoi faisons-nous du jogging ?
© Séverine Scaglia
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Cet article est issu du numéro 137 de Philosophie magazine « 137 - mars 2020 », en kiosque le 20 février 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La course à pied est l’un des sports les plus prisés au monde. Mais qu’est-ce qui motive vraiment les morning runners et autres adeptes du footing ? Les philosophes chaussent leurs baskets pour vous répondre.
Pour défier la gravité et… le mouvement
Zénon d’Élée (v. 490-v. 430 av. J.-C.)
À la différence de la marche, dans la course, les deux pieds sont momentanément décollés du sol. Courir, c’est défier la gravité et, paradoxalement, le mouvement, en restant suspendu en l’air. Pour Zénon d’Élée, le mouvement n’est d’ailleurs qu’une illusion : Achille, s’il part après la tortue, ne la rattrapera jamais, car il lui faudra parcourir chaque espace qui l’éloigne d’elle au fur et à mesure qu’elle avance, et ce à l’infini. Véloce, Achille n’en restera pas moins comme immobilisé. Bien sûr, l’argument est spécieux mais il dit assez que jogger, c’est aspirer à s’alléger durablement.