Exposition

Descartes : fin de partie

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Cet article est issu du numéro 8 de Philosophie magazine « 8 - avril 2007 », en kiosque le 27 mars 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À Beaubourg, à Paris, vidéastes, sculpteurs et plasticiens rencontrent l’œuvre du père de Murphy, Molloy et Malone. L’occasion de revisiter l’univers d’un écrivain hors normes, qui subvertit l’héritage cartésien.

L’exposition que consacre le centre Pompidou à Samuel Beckett pour le centenaire de sa naissance illustre l’influence de l’écrivain irlandais sur les artistes d’aujourd’hui. Tableaux, sculptures, vidéos et installations ont été réunis par libre association d’idées. Traversées par les grands motifs de son œuvre et ses recherches formelles, ces œuvres sont présentées avec celles de Beckett. Cet assemblage de matériaux disparates reflète assez bien sa démarche. Dans son essai Samuel Beckett mis à nu par ses auteurs, même (Nizet), Gérard Piacentini rappelle que le dramaturge « a relevé divers défis, dont le principal a été de produire une œuvre qui, dans l’idéal, n’aurait été composée que de citations ». C’est-à-dire une œuvre sans sujet producteur de sens.

La portée philosophique est, du coup, à rechercher dans une confrontation à la tradition métaphysique occidentale et, surtout, à René Descartes, père du sujet moderne. Lecteur à l’École normale supérieure à Paris, Samuel Beckett s’est immergé dans les Méditations et le Discours de la méthode, au point de dédier au penseur français Whoroscope, un poème publié en juin 1930. Il y détourne l’expression du cogito, « je pense donc que je suis », première vérité de la métaphysique cartésienne, en « je me trompe donc je suis ».

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