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Deviens ce que tu n’es pas

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Deviens ce que tu n’es pas

Gilles Deleuze. © Wikimedi commons _CC BY-SA 4.0

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Cet article est issu du Hors-série n°63 de Philosophie magazine « Gilles Deleuze. L’homme aux mille concepts », en kiosque le 04 décembre 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Gilles Deleuze estimait que la question « qu’est-ce que tu deviens ? » était « particulièrement stupide » et révélait notre mécompréhension profonde du devenir. Explications.

 

Un visage familier apparaît soudain, sur un trottoir, après des années : « Que deviens-tu ? T’as pas changé ! » On ne sait quoi répondre. Un nouveau métier ? Un déménagement ? Un parent perdu ? Ou rien de nouveau ? Nous voudrions bien réussir à réduire notre devenir à des faits notoires mais nous sentons bien que ce récit est factice et qu’il ne nous permet pas de saisir les sourds et profonds mouvements de l’être qui ont plus ou moins altéré la surface de nos expressions sans vraiment les changer. Je ne suis plus moi-même tout en étant le même. « Dans la proposition “A devient B”, le point de départ et le point d’arrivée ne nous disent rien du devenir. [...] Entre les deux, le vide demeure. Non seulement nous manquons les deux objets, mais nous avons manqué l’arc tendu entre les deux, la courbe incalculable entre les deux points », écrit Dorian Astor dans Deviens ce que tu es (Autrement, 2016), méditant une remarque de Gilles Deleuze dans ses Dialogues (Flammarion, 1977) qui juge la question « qu’est-ce que tu deviens ? » « particulièrement stupide » 

 

Des devenirs qui nous happent

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