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“Sur la peinture”, les cours inédits de Deleuze présentés par son éditeur

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“Sur la peinture”, les cours inédits de Deleuze présentés par son éditeur

Gilles Deleuze. © Hélène Bamberger/Opale.photO.  Illustration ©William L. pour PM

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Cet article est issu du numéro 174 de Philosophie magazine « La vie a-t-elle un sens ? », en kiosque le 26 octobre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Faire lire Deleuze comme si vous l’entendiez, c’est le défi qu’a relevé David Lapoujade, professeur à Paris-1-Panthéon-Sorbonne et éditeur aux Éditions de Minuit des textes posthumes du philosophe. Sur la Peinture, qu’il présente ici, est le premier volume des cours de Deleuze, disponibles jusque-là uniquement en version audio. Vous pouvez en retrouver des extraits dans notre nouveau numéro, en vente chez votre marchand de journaux.

 

« J’ai suivi les deux dernières années d’enseignement de Deleuze à Saint-Denis. J’y assistais en auditeur libre, comme d’ailleurs presque tout le monde. Il y avait très peu d’étudiants inscrits à son cours. La première année, 1985-1986, était consacrée à Foucault ; la seconde, 1986-1987, à Leibniz. Si mes souvenirs sont bons, le cours sur Foucault n’était pas prévu, mais sa disparition avait fait naître chez Deleuze la nécessité de lui consacrer une année. Celui sur Leibniz, c’était différent. Il l’avait conçu comme une manière d’aborder cette question : qu’est-ce que la philosophie ? Il voyait Leibniz comme un prodigieux créateur de concepts, et c’est de cette manière que Félix Guattari et lui concevaient la discipline.

Tous ceux qui ont suivi les cours de Deleuze vous diront la même chose : c’était un professeur extraordinaire. Ce n’était pas seulement un grand pédagogue. Il avait une manière de rendre toutes les questions, tous les thèmes qu’il abordait absolument nécessaires, vitaux. Même la question la plus abstraite, la plus théorique en apparence se raccordait d’une manière ou d’une autre à une question vitale chez les auditeurs. Il faisait toujours sentir à quel point tel problème, tel concept répondait à une nécessité impérieuse. Nous étions nombreux à avoir l’impression de vivre quelque chose de rare, d’unique, et qui nous transformait profondément. Pour ne prendre qu’un exemple dans le cours sur la peinture, il y a un passage où il parle de la différence entre les expressionnistes abstraits et l’abstraction géométrique, mais cette question déborde rapidement le cadre de la peinture pour devenir la description d’un combat violent entre l’œil et la main. Le propos reste entièrement centré sur des questions de peinture, et pourtant, on sent qu’il ouvre sur autre chose.

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