Donald Morrison. « L’art doit s’exporter »

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 24 de Philosophie magazine « 24 - novembre 2008 », en kiosque le 30 octobre 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quels sont les éléments qui vous permettent d’affirmer que la culture française est en déclin ?

Une chose est sûre, elle voyage mal. Certains films et romans font exception, comme La Môme qui a rencontré un fort succès ou L’Esquive qui a plu aux critiques. Les Américains ont aussi apprécié Un long dimanche de fiançailles. Du côté des romanciers, Michel Houellebecq s’en sort, ainsi que Yasmina Khadra. Mais le reste du monde ignore ce qui est produit en France. Ce pays qui fut le centre du marché de l’art se place aujourd’hui derrière la Chine, l’Angleterre, les États-Unis. Sur les 700 livres de la rentrée littéraire, moins d’une douzaine ont été traduits en anglais. La littérature est trop nombriliste. Des auteurs comme Angot et Millet racontent leurs histoires d’amour et de jalousie pendant que les Anglo-Saxons se penchent sur les problèmes moraux, politiques et sociaux. Par ailleurs, trop de films français sont des comédies sociales conçues pour le marché national. La télévision, une des gloires de la culture américaine, est aussi une faiblesse de la France. Il suffit de voir l’excellente qualité de séries comme Les  Sopranos. Enfin, la France néglige ses universités alors qu’aux États-Unis, elles contribuent au rayonnement culturel en renfermant souvent en leur sein un musée, une télévision, un orchestre, un théâtre.

Cet article est réservé aux abonnés