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“Dune Prophecy” : une série machiavélienne

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“Dune Prophecy” : une série machiavélienne

Emily Watson incarne Valya Harkonnen, fondatrice de la sororité Bene Gesserit dans la série “Dune Prophecy”. © MAX

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Adaptée de la saga de science-fiction, la nouvelle série en six épisodes Dune Prophecy, disponible sur la plateforme Max, reprend l’esthétique majestueuse des déserts étouffants de la planète Arrakis. Mais elle se distingue par une intrigue politique centrée sur l’avènement annoncé d’une tyrannie. Un horizon sur le fond duquel se tissent, comme dans Le Prince de Machiavel, des batailles politiques incessantes, où les acteurs doivent savoir ruser et jouer le jeu des apparences, et pas seulement guerroyer. Décryptage. 


 

Surfant sur le succès des deux premiers volets de la saga Dune réalisée par Denis Villeneuve [lire nos articles ici et là], l’univers imaginé par Frank Herbert revient sur les écrans – les petits – à travers une série de six épisodes, Dune Prophecy. L’esthétique développée par Jon Spaihts et Diane Ademu-John reprend largement celle de Villeneuve : majestueuse, écrasante – glaciale, même dans la chaleur étouffante des déserts de la planète Arrakis. La beauté formelle souvent minérale des plans a quelque chose d’accablant, d’inhumain. Elle s’impose comme s’imposent les décrets implacables du destin qui règne froidement en deçà de l’agitation frénétique des histoires humaines.

Si la série réussit quelque chose, c’est pourtant de se distinguer de son grand frère cinématographique. Plantons le décor : nous sommes 10 000 ans avant l’ascension de Paul Atréides, l’Élu, le Mahdi, plongés dans une intrigue imaginée par Brian Herbert (le fils de Frank Herbert) et Kevin J. Anderson. Dune, le film, est le monde de la prophétie réalisée, accomplie. La série au contraire tisse sa toile sous les augures de la prophétie annoncée : le Tiran-Arafel, mystérieuse catastrophe que tente de prévenir un ordre naissant de sorcières, le Bene Gesserit, oeuvrant dans l’ombre dans un objectif : mettre en place un programme génétique millénaire pour créer le Kwisatz Haderach, l’être suprême et rédempteur qui empêchera l’accomplissement de la prophétie. Kasha, la Diseuse de Vérité, avertit pourtant que ce plan pourrait provoquer une catastrophe. « Nous nous prenons pour Dieu ». Le troisième film de Villeneuve le confirmera : Paul Atréides sera un tyran cosmique. Mais pour l’heure, des millénaires en amont, le sens des prophéties demeure incertain.

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