Ukraine / Géostratégie
Élie Tenenbaum : “Vladimir Poutine n’a jamais choisi l’option de l’escalade vis-à-vis des Occidentaux”
Elie Tenebaum. © Collection particulière
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Cet article est issu du numéro 167 de Philosophie magazine « Est-ce qu’on travaille trop ? », en kiosque le 16 février 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Alors que la livraison de chars à l’Ukraine soulève un vaste débat sur l’implication militaire des Européens et des Américains, Élie Tenenbaum nous donne son éclairage sur les risques d’escalade.
Pourquoi la livraison de chars par les pays occidentaux revêt-elle une telle importance ?
Élie Tenenbaum : Nous sommes en train de basculer, pour l’Ukraine, d’une guerre défensive à une guerre offensive. Au printemps, les Ukrainiens espèrent reconquérir l’essentiel des territoires perdus. D’où l’importance de disposer de l’arme blindée-cavalerie et notamment de chars d’assaut. D’un point de vue stratégique, Carl von Clausewitz l’expliquait déjà très bien : il y a une supériorité naturelle de la défensive sur l’offensive. C’est un peu la première loi de Newton de la guerre : il y a une inertie naturelle qui fait que l’attaque demande plus d’énergie que la défense. Pour avancer sur un champ de bataille fortement défendu et hautement létal, on a donc besoin d’armes à la fois plus mobiles et mieux protégées.