Hors-série « Proust »

Elisabeth Ladenson : Bloch, Charlus et Legrandin, le “trio maudit” proustien

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Elisabeth Ladenson, auteur de Proust lesbien, met en regard avec la société où elles évoluent les figures de l’homosexuel, du Juif et du snob de la Recherche, trois identités en rapport avec Proust.

 

Dans la galerie des personnages proustiens, Bloch, l'arriviste, Charlus, l´homosexuel, et Legrandin, le snob, forment, selon vous, une trinité maudite. En quoi ce trio est-il « maudit » ?

Elisabeth Ladenson : Il est maudit dans la mesure où chacun des personnages représente une identité essentielle et donnée pour abjecte (aux yeux de la société représentée dans le roman, c’est-à-dire la société de l’époque vue par Proust). Proust, juif du côté maternel – celui qui compte selon la tradition juive, bien qu’il fût baptisé et s’identifiât comme catholique –, ainsi qu’homosexuel et snob, raconte son histoire à travers un narrateur non juif, hétérosexuel et (du moins en principe) non snob, mais fasciné par la judaïté, l’homosexualité et le snobisme. Bloch, Charlus et Legrandin incarnent chacun un des aspects de l’identité de l’auteur dont son narrateur est rigoureusement dépourvu et qu’il examine longuement dans le roman.

Cet article est réservé aux abonnés